© photo Xavier Lambours

CONCOURS D’ÉCRITURE

Qu'en est-il de l'Amour?

Merci, vous avez été nombreux à participer au concours d'écriture organisé pour la sortie de l'album et du livre "Qu'en est-il de l'Amour?".

Après délibération du jury, voici les gagnants :

Nelly Gabriel

Gil Cheviron

Caroline Faber

Bravo à eux, voici leur texte.

Nelly Gabriel

Partout


On se forcera à s’oublier , à séparer nos souliers
laissons couler le sablier
de toi j’étais encore saoule hier...
Mais quand on commence à se saouler
à se noyer la tête sous l’eau
quand on s’abîme qu’on se salit
qu’on se rattrape mais qu’on s’enlise
Dis moi à quoi ça sert ?
dis moi si on s’en sort ?
dis moi c’est quoi l’insert
qui fait qu’on sera d’accord ?
C’est quoi l’ajout qui changera tout ?
C’est quoi le truc, le truc de fou ?
Pourquoi les autres y arrivent tant et que chez moi tout s’est éteint, toute cette tempête, tous ces
temps morts tous ces tant pis, tout cet empire qu’on aurait bâti et ben tant pis…
On se forcera à s‘oublier , à séparer nos souliers
laissons couler le sablier
de toi j’étais encore saoule hier...
Pourtant ce coup ci j’ai avais cru
sur ce fauteuil j’posais mon cul
en me disant Cool ! Tiens, pour une fois la vie se rattrape
Et p’tetre qu’un jour on sera trois
Apparemment c’est raté...
P’tetre qu’un jour on sera trois
mais le lendemain on se rend tristes
le mois d’après on se renferme
un an plus tard on se rend tout
Le jour zéro on se rencontre, 5 ans plus tard on se rend compte…
Alors dis moi, qu’est ce que je vais faire moi sans toi maintenant ton émoi s’est tû ?
Me forcer à oublier, un point c’est tout…
Oublier ton odeur
oublier ton chez toi
oublie ton sourire
oublier nos habitudes
oublier ta peau
ma main sur ton épaule
mes yeux comme des étoiles
et les années qui filent
Pourquoi l’amour s’étiole surtout lorsqu’on s’y tient ?
Pourquoi tout part en couilles lorsque l’on s’aime encore ?
Lorsqu’on l’écrit si fort
Lorsqu’on l’a cru si ferme
que sur les toits on le criait :
Il n’y a que toi et moi
et le reste ... je l’écrirai.
Dis moi...qu’est ce qu’on a gagné à se perdre ?
Et tout ça pour des conneries des engueulades sur des conneries des points de vus sur des conneries
des façons de faire sur des conneries des conneries sur des conneries …
On se forcera à s‘oublier , à séparer nos souliers
laissons couler le sablier
le temps est si fort pour nous faire oublier
Il transforme le présent en passé
celui que tu as à ton bras en simple passant
que tu regarderas s’éloigner
en te disant Putain l’amour c’est pas simple !
On s’est quittés, on est partis sur un « Séparons nous »
Depuis tu es partout
mais si je veux te retrouver
C’est par où ?
 

Gil Cheviron

Paul entre dans le bar et s’approche de Léa. Il ne la connaît pas, mais il a une certitude à son sujet.

 

« - Vous adoreriez faire l’amour avec moi.

- Je ne crois pas non.

- Je ne vous demande pas si vous en avez envie, je vous dis simplement que vous y prendriez beaucoup de plaisir.

Là, vous n’osez pas parce que vous vous dites que ça ne se fait pas, on se connaît à peine.

Mais une fois que vous aurez dépassé ça, vous adorerez.

Je m’y prends très bien.

Je sais que c’est facile de dire ça. Faudrait que vous rencontriez mes anciennes amantes pour vérifier. On peut en appeler une si vous voulez.

- Vous le sortez souvent votre baratin ?

- Ah non, ce n’est que de l’improvisation. J’aborde toujours les gens à l’instinct.

Faut varier les plaisirs.

Encore une des raisons pour lesquelles je suis doué au lit.

Je sais les varier, les plaisirs.

En plus on était fait pour se rencontrer.

- Ah bon, et pourquoi ?

- Ben c’est très simple. Si je n’avais pas été pris d’une irrémédiable soif en passant devant ce bar, je n’y serais jamais entré et je ne vous aurais jamais rencontrée.

Et là, malgré ça, j’ai encore trouvé la force de venir vous aborder avant même de nous chercher des verres.

Vous voulez quoi ?

- Votre prénom déjà, ce serait pas mal pour rendre un peu de normalité à cette conversation. Et ensuite, une coupe de Champagne, tant qu’à faire.

- Je vois. Vous êtes du genre à vouloir tester la marchandise.

Deux coupes s’il vous plait.

Et mon prénom, je vous le donnerai demain matin au petit-déjeuner.

D’ailleurs à ce propos, vous prenez quoi le matin ? Café, thé ou chocolat chaud ?

Histoire que je puisse m’organiser.

- Ah oui, vous allez aller faire les courses à quatre heures du matin entre deux parties de jambes en l’air ?

- Non je vais envoyer un SMS à ma mère pour qu’elle nous le prépare. Je plaisante.

De toutes façons on ira chez vous.

Vous serez plus à l’aise.

Enfin sauf si vous tenez à aller chez moi.

Et sinon, plutôt tartines ou croissants ?

Vous trempez ? J’adore tremper après l’amour.

Je parle des tartines.

N’allez pas vous imaginer autre chose.

- On pourrait peut-être se tutoyer avant d’aborder les positions qu’on préfère au pieu, non ?

- Tu vois, ça y est, tu es prête à ce qu’on fasse l’amour. Maintenant qu’on se connaît mieux.

- T’es quand même bien givré toi.

- Un mec givré qui brûle d’envie de te faire l’amour.

J’ai toujours été un gars paradoxal.

- Et à part draguer tout ce qui bouge, tu fais quoi d’autre dans la vie ?

- Je ne drague pas tout ce qui bouge.

Je ne vois pas pourquoi je ferai ça, c’est avec toi que j’ai envie de faire l’amour.

Je n’ai donc pas besoin de draguer qui que ce soit d’autre.

- Et sinon, tu ne réponds jamais aux questions qu’on te pose ?

- Je travaille dans la publicité.

- Ouais, donc tu réponds aux questions en décalé, quoi.

- Toi non plus tu ne réponds pas à mes questions.

Tu ne m’as toujours pas répondu pour les tartines, ni même pour le café. Ou le thé. Ou le chocolat chaud.

- Au fait, au cas où ça t’intéresse, je m’appelle Léa.

- Et ben je trouve qu’on forme un très joli couple Léa.

- T’emballes pas coco, on n’est pas encore au lit.

- T’as raison. On va reprendre une petite coupe d’abord.

Deux autres coupes s’il vous plait.

Mais il ne faudra pas trop qu’on tarde quand même, sinon on sera obligé de raccourcir les préliminaires.

Ce serait dommage.

- Oui effectivement.

Et t’as quoi à faire demain matin qui fait qu’on devrait raccourcir les préliminaires ?

- Tu poses déjà des questions personnelles alors qu’on se connaît à peine. Tu n’as pas froid aux yeux.

Mais tu as raison. On aura qu’à se lever plus tard demain matin.

- Tu ne t’arrêtes jamais toi !

- Sauf quand je fais l’amour.

Mais on devrait d’abord commencer par s’embrasser.

- Euh, peut-être pas tout de suite hein ?

- Ok. Je te laisse cinq minutes pour te faire à l’idée, et dans cinq minutes je t’embrasse.

- Et je n’ai pas un droit de réponse ?

- Ben je n’ai pas posé de question.

T’as peur que je t’embrasse parce que tu sais que tu vas adorer ça et qu’après tu pourras plus faire machine arrière.

Mais ce n’est pas grave parce que je ne veux pas que tu sois un coup d’un soir.

Maintenant qu’on est allé aussi loin, on ne se quitte plus.

- Tu ne t’arrêtes jamais de parler ?

- Si, quand j’embrasse.

Mais là, il reste trois minutes avant que je t’embrasse alors…

- Tais-toi et embrasse moi.

 

… un baiser plus tard…

 

- Tu ne m’as toujours pas dit. On va chez toi ou chez moi ? »

 

Paul et Léa ne se marièrent pas.

A l’heure actuelle, ils n’ont toujours pas eu beaucoup d’enfants.

 

L’histoire qui va suivre ne parle absolument pas de Paul et Léa.

Caroline Faber

AMOUREUX

(A/C : C. Faber / R.H. Celcal)

 

Allons si loin, loin, loin

Que même nos ombres seront magiques

Allons sur un chemin

où même nos larmes perdront leur tragique

 

Nous voici en duo

Il faudra se veiller,

S’inventer, s’amuser.

 

Allons tout pas à pas

Histoire choisie sans connaître la suite

Allons ne boudons pas

Le plaisir d’être deux, chance fortuite !

 

Si l’amour se sent roi,

Il ne nous quitt’ra pas

Ce s’ra son dernier mot.

 

Si de moi tu fatigues

Si se forment des rides

Je vaincrai ta langueur.

 

Allons tant et si bien

Que même nos peurs ne s’ront plus maléfiques

Allons ! place au regain

Arrosons notre amour d’idées magnifiques

 

si je veux tout quitter,

si je veux te hurler

que rien ne peut durer

si je veux nous crever

 

tu t’en moqueras, tu en souriras,

car tu sauras que nous demeurerons, amoureux.